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12 juillet 2016

La liste de ce que j’aime faire

Classé dans : Cas pratique,Petits bonheurs — joy369 @ 12 h 50 min

Soirée d’été.
Il fait assez frais, mais j’ai accès à une terrasse. Et, plaisir rare, j’ai du temps devant moi…
Zéro contrainte, libre comme l’air.
Tellement libre que je peux perdre du temps à regarder le temps passer.
Alors, une boisson chaude dans les mains, je regarde le vent souffler doucement dans les branches des arbres et faire danser leurs feuilles.
Au loin, des oiseaux invisibles chantent.
Je prends soudain conscience combien j’aime le chant des oiseaux.
Mais je ne prends que rarement le temps de les écouter.
Soudain, un éclair blanc dans le jardin voisin. Un chat ? Un chien ?
Je me concentre et j’observe quelques instants ce lieu s’enfoncer peu à peu dans la pénombre.
Je dirais un chat.
Un chat blanc un peu fou, qui bondit joyeusement dans le carré de pelouse broussailleux.
Ce genre de chat me fait rire.
Imprévisible.
Un peu « barré », un peu « tout fou »…
Cela fait combien de temps que je cours sans prendre le temps de m’arrêter regarder un chat tout fou ?
Et là, cette boisson chaude qui me réchauffe les mains, ai-je noté dans ma liste « de ce que j’aime faire » que j’aimais cela ? Prendre le temps de boire une boisson chaude ?
Car oui : je tiens une liste de ce que j’aime faire.
Et, en la passant en revue, je réalise soudain que je suis en train de réaliser plusieurs de ces choses : boire une boisson chaude, regarder le vent souffler dans les arbres, écouter les oiseaux qui chantent…
Et moi qui me sentais engluée depuis des mois dans un quotidien qui passe trop vite, je me sens soudain apaisée.
Comme si j’avais volé quelques instants de plaisir à un calendrier tyrannique.
Oui, la nuit a été trop courte, oui, mon sommeil a été écourté, oui, la journée a filé sans que je la remarque, oui, je n’ai eu le temps de ne rien faire, rien de rien, mais là, hop, soudain, je réalise que j’ai « coché » 3 activités qui me plaisent sur ma liste de petits bonheurs.
Oh, bien sûr, ma pause sera limitée. Je ne resterai pas 2 heures dehors. Le froid et la fatigue me pousseront à rentrer au chaud et à aller me coucher.
Mais quand même, quand même : j’ai réussi à faire quelques petites choses qui me plaisent.
Et c’est à cela que sert ma liste des choses que j’aime faire : à prendre conscience de mes goûts et à savourer chaque moment passé ainsi.
La journée est finie, je vais aller me coucher, mais je garde au fond de moi cette petite lumière : le goût du bonheur…
Amicalement,

Joy

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18 juin 2016

La rivière et le rectangle rouge

Classé dans : Cas pratique,Les grands principes — joy369 @ 12 h 51 min

Ces derniers mois ont été… comment dire ?… un peu prenants. Prise dans le tourbillon des 1001 tâches urgentes, j’ai dû, plus que d’habitude, trouver une astuce pour m’en sortir avec le sourire.

Et c’est comme qu’un soir j’ai eu une idée intéressante. Je me suis imaginée le flot des événements qui nous arrivent comme une rivière. Une rivière avec une belle eau transparente, qui coule au milieu d’une jolie forêt, avec quelque fois des rochers qui dévient un peu le courant, et des gravillons au fond, qu’on aperçoit à travers l’eau, et de temps en temps des branches ou des feuilles qui tourbillonnent.

Selon nos désirs, certaines branches peuvent symboliser quelque chose de très positif… ou d’un peu moins positif…

Mais, sur cette image d’une jolie rivière, j’ai imaginé un grand rectangle rouge, comme de grandes traces de peinture très nettes. Et je me suis dit que ce rectangle rouge, c’était là où moi je me situais. Là, sur le bord de la rivière. Et cela symbolisait le présent.

C’est-à-dire qu’en amont du rectangle rouge, c’était les événements futurs qui pouvaient se produire. Et ici le terme « pouvaient » est très important.

Et en aval du rectangle rouge, c’était les événements qui ont eu lieu, c’est-à-dire mon passé, que je voyais s’éloigner.

Autrement dit, si je regarde en amont, je peux par exemple prendre peur parce qu’une grosse branche est charriée par les courants et qu’elle risque de me faire mal. Sauf… Sauf qu’elle va peut-être être stoppée par une racine entretemps, ou bien être stoppée quelque part plus haut en amont. Bref, il peut se passer 1001 événements qui font que cette branche ne traversera peut-être jamais mon rectangle rouge, ou bien que finalement, elle le traversera mais sans me heurter.

Et cette branche que je guettais depuis des jours, des semaines, des mois, cette branche continuera sa route paisiblement et je la regarderai s’enfuir vers l’infini depuis mon rectangle rouge.

Car moi, je suis bloquée dans mon rectangle rouge. Je suis bloquée dans le présent. Je peux me pourrir la vie à essayer d’anticiper les éventuels événements qui peuvent, peut-être, me tomber sur la tête, mais je ne suis pas sûre que ces événements aient lieu.

Personne ne sait.

Je ne sais pas pour vous, mais me concernant, la vision de cette rivière qui traverse le rectangle rouge a été très efficace. Cela me calme rapidement, surtout quand je me remémore tous les événements que j’ai craint et qui, finalement, sont passées devant moi dans ce rectangle rouge sans même m’effleurer…

Peut-être qu’avec l’expérience, on devient plus sage ?

Amicalement,

Joy

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4 mars 2016

Altercation à la bibliothèque

Classé dans : Cas pratique,Entre nous,Les grands principes — joy369 @ 12 h 48 min

Ce jour-là, exceptionnellement, j’avais un peu de temps pour faire un saut à la bibliothèque.

Ce jour-là aussi, exceptionnellement, j’étais aussi encombrée d’un bébé ne sachant pas marcher, confortablement installé dans sa poussette.

Mais les bébés et leurs poussettes sont autorisés dans les bibliothèques, et puis je n’en avais que pour quelques minutes. Je savais ce que je cherchais, je savais dans quel rayon chercher, je connaissais même le chemin : l’allée centrale, assez vaste pour la poussette, puis le tout début d’une allée latérale. Normalement, la poussette était prévue pour passer, mais je savais que la bibliothèque était un lieu étriqué et mieux valait que je fasse pas de grands détours : tourner dans les angles risquait d’être délicat.

Donc me voilà : avec ma poussette, un bébé sage dedans, j’avance juste qu’à l’allée latérale qui m’intéresse. Ah, pas de chance, une petite table individuelle est installée à l’entrée de cette allée. Et un vieux monsieur est en train de s’installer pour s’y assoir. Un coup d’œil à gauche, un coup d’œil à gauche : l’allée qui précède est libre, mais il me faudrait faufiler la poussette, traverser toute l’allée, tourner pour ensuite revenir dans celle qui m’intéresse en croisant les doigts pour que personne ne soit sur le passage. L’allée qui suit, je ne peux pas voir si elle est libre, et de toutes façons, une armoire risque d’empêcher la poussette de passer.

Cette réflexion n’a duré que quelques secondes. Ma conclusion est faite: le monsieur qui me tourne le dos est en train d’enlever son manteau. Il suffit que je lui demande de se pousser avant qu’il ne s’assoit comme cela je ne le dérange pas beaucoup, il me laisse passer et il n’aura même pas eu besoin de se lever. Mais pour cela, il faut qu’il me laisse passer avant de s’assoir. Sauf que là il me tourne le dos et ne semble pas me voir. Il prend beaucoup de temps pour s’installer mais toujours sans me voir. De peur qu’il ne s’assoit avant de m’avoir laisser passée, je me décide à parler. Sur un ton gentil, je demande poliment « Pardon monsieur, je voudrais passer ».

Je m’attendais à un sourire, à un « Oh, pardon ! » avec un déplacement latéral d’un pas de sa part…

Et je l’entends m’apostropher sévèrement comme quoi je suis gonflée, que je n’ai qu’à passer ailleurs, que je ne suis vraiment pas polie, etc.

Le choc !… Je sens une montée d’adrénaline en moi, tout à coup je sens la chaleur monter en moi. D’habitude, je ne réponds rien à ce genre de commentaire idiot, mais là, en avançant avec ma poussette (car il a fini par me laisser passer, je ne me rappelle plus si j’ai dû insister pour cela), je rétorque qu’en lui demandant de me laisser passer, je lui ai donné une occasion d’être poli. (Sous-entendu : « cela ne doit pas t’arriver tous les jours mon coco ! »). Il répond je-ne-sais-quoi laissant entendre que moi en tous cas je suis malpolie. Je préfère me taire. Je recherche le livre… Comme prévu, la section qui m’intéresse est bien là, juste à 1 mètre de l’allée centrale, c’est à dire que nous nous retrouvons tout près l’un de l’autre puisque ce monsieur s’est assis. En moi, je sens la colère qui gronde. Mon propre comportement me surprend. J’étais totalement calme et sereine 3 secondes auparavant. J’étais même contente d’avoir enfin l’occasion de faire un tour à la bibliothèque…

Je trouve le livre que je cherche. J’hésite. Comment repartir avec ma poussette ? D’un côté je n’ai qu’un mètre à faire pour me retrouver dans l’allée centrale qui est vaste, de l’autre je devrais continuer toute l’allée (en m’éloignant de la sortie), gérer des angles avec peut-être d’autres obstacles que je ne peux pas voir d’où je suis, puis revenir par une autre allée latérale étriquée. Je sais déjà que si, sur ce chemin, je galérerais pour une raison ou une autre, je m’en voudrais d’avoir donner une occasion de ricaner à ce monsieur. Non, ma décision est prise : je passerai par le même chemin en marche arrière (puisqu’il n’y a pas la place de faire demi-tour dans l’allée avec la poussette). Il y a assez de place finalement pour passer derrière la chaise du monsieur sans le déranger.

C’est ce que je fais. Je ne lui demande rien : la poussette passe sans qu’il ait à bouger. Mais c’était sans compter sur les intercalaires des rayonnages du bas : la poussette bute et je fais plusieurs manœuvres pour la dégager. Je n’ai pas touché la chaise du monsieur, même pas fait tomber sa veste accrochée au dossier, mais il ne peut pas s’empêcher de me faire une remarque : « Alors là, vous insistez ».

Il a raison. Entièrement raison. J’ai dégagé la poussette et je lui réponds en m’éloignant : « Oui : vous le méritez ».

Il répond quelque chose que je n’entends pas, je suis déjà trop loin. La surdité a du bon. ;-)

J’enregistre le livre et je m’en vais.

Une fois dehors, je ressens encore toute la colère en moi. Je comprends que j’ai besoin de me calmer avant de rentrer chez moi. Je ne peux tout de même pas laisser ce pauvre type me ruiner ainsi mes précieuses minutes de vie ? Si je passe ma soirée à ruminer, c’est perdu. Je refuse de lui donner ce pouvoir. Alors, que faire ? Que faire quand quelqu’un nous a énervé à ce point ?

Et c’est maintenant que cet article prend tout son sens : comment faire quand vous êtes super énervé à cause d’un tiers et que vous voulez retrouver le bonheur ? Voici ce que j’ai fait…

  1. Je suis allée me promener dehors quelques minutes
  2. Je me suis rappelée que le temps passe, que ma vie s’approche quoiqu’il arrive de la mort et que c’est moi qui suis responsable de l’état d’esprit dans lequel je traverse les moments de ma vie
  3. Je me suis autorisée à utiliser tous les noms d’oiseaux que je connaissais pour insulter ce monsieur, mais dans ma tête. Inutile d’extérioriser les gros mots. ;-)
  4. Je me suis aussi beaucoup amusée à imaginer tous les gros mots qui devaient traverser sa tête pour me définir. Personnellement, cela me fait beaucoup rire. Je ne me sens pas touchée par ce genre d’insultes.
  5. J’ai passé en revue mentalement tout ce qui avait été positif (le bébé était resté calme à la bibliothèque, j’avais eu le temps de passer à la bibliothèque, la bibliothécaire avait été adorable, j’avais trouvé le livre que je cherchais…)
  6. Je me suis demandé ce que cette rencontre pouvait m’apporter, après tout, cela faisait plus d’un an que je n’étais pas allée à la bibliothèque, quelle était la chance que je rencontre un type aussi odieux? Cette altercation m’apportait un sujet d’article pour ce blog joy369 ; j’avais la preuve que j’étais loin d’être aussi sage que le Dalaï-Lama ; je pouvais être fière de moi d’avoir su limiter la querelle (au Moyen Age, l’un de nous deux serait mort pour moins que cela)…)
  7. Je me suis demandé quelle était la vie de ce monsieur pour chercher bagarre ainsi à propos de n’importe quel prétexte à n’importe qui. Il devait sans aucun doute être très malheureux. Etait-il comme ces enfants battus qui préfèrent « chercher » leurs parents et se faire battre plutôt que de subir leur indifférence ?
  8. Je me suis imaginé cette rencontre comme quelque chose de positif. Peut-être que ce monsieur était totalement isolé, sans famille ni amis (et vu son comportement, cela me paraît très plausible) et qu’avec une querelle avec moi, c’était pour lui un échange avec un autre humain et que finalement, même si nos propos n’avaient rien eu d’aimable, c’était le seul moyen qu’il connaissait pour se lier aux autres ? Je sais que ce raisonnement est un peu tiré par les cheveux mais cela peut être la vérité : peut-être que j’avais apporté un peu de joie, un peu de piment dans une vie sans but ? Peut-être que j’avais fourni une anecdote qu’il pourrait raconter à son aide-soignant ou au boulanger ou au facteur ?… Même si, pour moi, ça avait été désagréable, peut-être qu’au fond j’avais rendu un service à ce (pauvre) type ?
  9. Enfin, en rentrant chez moi, j’ai raconté ma mésaventure à mon conjoint. J’ai fait « ma vénusienne » comme le dirait John Gray. Histoire d’évacuer pour de bon cette histoire et penser à autre chose…

Voilà toutes les astuces que j’ai utilisées pour me débarrasser de cette sensation de colère que je sentais en moi. Cela a très bien marché. Je n’ai plus pensé à ce monsieur dans la soirée et maintenant que j’ai fini de rédiger cet article, je pense que ma mémoire va le zapper entièrement ! (rires)

En espérant vous avoir fourni des pistes pour gérer ce genre de problème et retrouver le bonheur… :-)

Amicalement,

Joy

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