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5 juillet 2017

La peur de perdre, la chance d’avoir

Classé dans : Entre nous,Les grands principes — joy369 @ 12 h 44 min

Une personne de mon entourage se meurt.

J’ai peur de la perdre.

Je souffre à cette idée.

Je souffre, mais aussi je réalise la chance que j’ai.

Car cette personne, si je souffre à l’idée de la perdre, cela signifie que j’ai eu la chance de l’avoir. J’ai eu la chance de la connaître, la chance de partager une relation avec elle, la chance de vivre des moments, des souvenirs avec elle.

Ce n’est pas donné à tout le monde.

Et pour chaque séparation, chaque deuil, nous devrions être capable de nous rappeler que nous avons eu la chance de vivre des instants partagés, même s’ils s’achèvent, même si ça fait mal.

Car ce n’est, hélas, pas tout le monde qui a la chance d’avoir un(e) amoureux(se), des enfants, des parents, des amis…

Certains n’ont rien et avancent seuls dans cette vie car on ne leur a jamais appris à se confier aux autres, à établir des liens.

Certains n’ont rien car ils ont déjà tout perdu. Et ne leur restent que leurs souvenirs.

Et même si c’est terrible, au moins ils ont eu, et il faut nous apprendre à nous réjouir d’avoir eu la chance de rencontrer, de partager des moments avec ceux et celles qui nous quittent.

Qu’aurait été notre vie si on ne les avait pas connus ?

Est-ce que la douleur d’un décès, d’une séparation, bien que plus vivre que l’absence de lien, n’est-elle pas préférable ?

Il me quitte, il s’en va, la mort viendra le prendre, mais je me réjouis d’avoir su construire une belle relation avec lui.

Après tout, n’est-ce pas cela la vie ? Avoir ? Perdre ?…

Amicalement,

Joy

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22 juin 2017

Compartimenter

Classé dans : Cas pratique,Entre nous,Les grands principes — joy369 @ 12 h 12 min

Cela ne m’arrive pas souvent, mais j’ai des soucis.

Ou plutôt un souci.

Mais un souci grave, un souci « niveau 1″ comme je dis souvent, en référence à ma graduation des bêtises… Les bêtises n°1, ce sont celles qui mettent en danger notre vie ou celle d’autrui. Comme traverser une route sans regarder ou mettre les doigts dans une prise électrique, par exemple…

Là, il ne s’agit pas d’une bêtise, car on n’y peut rien, puisqu’il s’agit d’une maladie. D’une maladie grave, très grave même, puisqu’à ma connaissance elle est incurable. Et c’est un de mes proches qui en est atteint.

Voilà, c’est comme cela, c’est la vie.

On n’y peut rien même si l’angoisse des lendemains qui pleurent peut pourrir le quotidien de ceux qui survivront, dont je suis.

Alors pour éviter d’y penser, je compartimente.

Je crée des silos bien fermés, indépendants les uns des autres, pour éviter que cette inquiétude ne vienne contaminer le reste de ma vie.

Il y a cette épée de Damoclès, suspendue à un maigre fil au-dessus d’une tête bien-aimée, et il y a tout le reste…

Ma propre santé, mon travail, et tous les autres qui me sont proches aussi, que j’aime et qui m’aiment…

Et je compartimente. Quand je suis avec X, je ne pense pas à Y. Sinon les larmes me viennent aux yeux et je ne suis plus en mesure de profiter de l’instant présent avec X…

Idem pour le travail. Quand je suis au travail, j’essaie de ne plus penser à la Mort qui se rapproche pour ne pas devenir folle et tout envoyer balancer. (Dîtes-moi quelle importance a le travail quand un proche que vous aimez se rapproche de la fin ?)

Je compartimente…

Pas toujours évident à faire mais j’essaie.

Les choux avec les choux et les carottes avec les carottes.

Il y a un temps pour pleurer, et un temps pour continuer à vivre.

Aussi terrible soit-il d’imaginer la vie sans ce proche, c’est inéluctable. Quoique je fasse, quelle que soit ma réaction, ça arrivera. Ma vie à moi continuera, peut-être de longues années, peut-être pas, mais elle continuera.

(Bon, sauf si une maladie ou autre me fauche aussi, mais cela c’est une autre histoire et je ne serai plus là pour en parler…) ;-)

Alors je compartimente…

Pour ne pas devenir folle…

Pour continuer à avancer, malgré tout…

Amicalement,

Joy

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10 août 2016

2 roses pour 1 cancer

Classé dans : Les grands principes — joy369 @ 12 h 39 min

Il y a des années de cela, j’ai reçu un email d’une amie Colombienne.

Cet email avait été écrit par sa fille et cette dernière m’annonçait le décès de mon amie suite à un long et douloureux cancer.

Je suis tombée des nues. J’ignorais même qu’elle avait un cancer.

Comme je l’ai écrit, c’était il y a longtemps et les moyens de communication n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Écrire un mail, c’était déjà faire partie de l’avant-garde. A l’époque, nous n’étions pas très nombreux à savoir utiliser les courriels…

C’était une époque où il n’était pas aisée d’avoir accès à Internet, aussi nous échangions peu de nouvelles.

Une lettre ou un email, de temps en temps.

J’ignorais donc sa maladie et je ne m’inquiétais pas de son silence radio, surtout que j’avais reçu un courrier de sa part un mois ou deux auparavant, et elle n’évoquait pas son combat ni son cancer.

A l’époque, l’annonce de son décès m’a beaucoup marquée. Et, tournant et retournant cette information dans ma tête, je me demandais ce que je pouvais faire.

J’ai évidemment répondu à sa fille qui m’avait informée, mais lisait-elle les mails de sa mère ?

En tous cas, elle ne m’a jamais répondu.

Alors, que pouvais-je faire ?

J’ai alors réalisé quelque chose de très simple : la mort de mon amie Colombienne serait vaine si je ne profitais pas de l’occasion pour rappeler à ceux que j’aime que je les aime.

C’est pourquoi, quelque temps plus tard, je suis allée voir mes parents.

Tôt le matin, contrairement à mes habitudes, je suis sortie seule pour aller au marché et j’ai choisi deux roses. Juste deux roses. A mon retour, j’ai appelé mes parents sur le pas de la porte et je leur ai offert à chacun une rose. Et je leur ai dit. Je leur ai parlé de mon amie (qu’ils ne connaissaient pas) et qui était morte, et de l’inutilité de la mort si on n’en profite pas pour dire à ceux qui restent qu’on les aime.

Et j’ai rappelé à mes parents combien je les aimais.

Oh ! Ne croyez pas que c’était facile… Je viens d’une famille où ce genre de choses ne se dit pas. J’avais terriblement peur qu’ils se moquent de moi, qu’ils me rient au nez.

Mais ils ne l’ont pas fait. Et d’ailleurs je m’en fichais. Mon rôle était de porter mon message d’amour filial. Libre à eux de le recevoir ou de le rejeter.

J’espère pour vous que personne de votre entourage ne flirte avec la mort, mais cela fait partie de la vie et vous vivrez probablement cette situation un jour. Le plus tard possible, j’espère…

J’ignore comment les autres réagissent dans ces situations mais pour moi l’essentiel est là : la mort est vaine si on n’en profite pas pour aimer un peu plus…

Amicalement,

Joy

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