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16 juillet 2017

La vie des autres

Classé dans : Entre nous,Lectures conseillées — joy369 @ 12 h 25 min

Anne Fine…

J’adore cet auteur.

Je l’ai découverte dans la section « Enfants » de la bibliothèque il y a des années ; ses livres ne m’ont jamais déçue.

Aussi, quand j’ai choisi « Blood Family » parmi les rayons, je n’ai pas douté une seconde que j’allais adorer cette lecture.

Et en effet, j’ai adoré ce livre.

Sauf que l’étiquette « Ado » collée par des bibliothécaires consciencieux n’était pas anodine : ce n’est pas un livre pour enfants.

C’est un livre qui parle d’un enfant.

D’un enfant séquestré avec sa mère par un tyran alcoolique, compagnon de sa mère.

D’un enfant qui a vécu les 7 premières années de sa vie comme un sauvage, sans aller à l’école, sans sortir du sordide appartement, sans voir la lumière du jour.

Et ce livre raconte comment évolue cet enfant en grandissant. Son sauvetage par des policiers, suite à la dénonciation d’une voisine bienveillante, son apprentissage de la vie normale, ses passages successifs dans des familles d’accueil…

L’écriture d’Anne Fine est subtile, à la fois précise et fine. Certains passages sont durs car on devine ce qui n’est pas écrit et, même si les personnages de ce roman sont fictifs, on se doute bien que cela reflète une terrible réalité pour d’autres enfants.

Mais, même si, sans être ni glauque ni morbide, le thème est tragique, cette lecture m’a plue. Infiniment. Et je conseille cette lecture à tous les adultes. Encore une fois, ce n’est pas une lecture qui « rend heureux », mais c’est une lecture qui augmente notre empathie.

En ouvrant nos yeux sur la vie de certains autres, cela nous permet d’être plus  compatissants, moins intransigeants.

J’espère que je saurais conserver une certaine empathie envers ceux et celles qui ont eu moins de chance que moi, toute ma vie durant. A la lecture de ce chef d’œuvre, je réalise combien mon enfance a été belle, même si loin d’être parfaite. Même si je m’en souviens comme des années de peur, à la merci des adultes, je n’ai pas, contrairement au héros de ce roman, vécu dans une véritable terreur. Ma vie n’était pas en danger. Or, d’autres subissent des épreuves terribles.

Et qui sait si nous saurions faire mieux qu’eux avec un tel passé à porter ?

Amicalement,

Joy

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31 mai 2017

La solidarité et la chaleur

Classé dans : Entre nous,Lectures conseillées,Les grands principes — joy369 @ 12 h 19 min

Fidèle à ma passion des livres, je ne résiste pas à la tentation de passer une fois de plus devant la « boîte à lire »…

J’ai déjà des dizaines de bouquins qui s’amoncellent chez moi, aussi je me dis qu’il me faut résister et ne rien emprunter d’autre sauf que…

…la tentation est trop forte. Un livre m’attire et je l’embarque.

« Journal d’une survivante » d’une Laotienne ancienne « boat-people » : May Kham. Enfant, sa famille et elle ont fui la guerre et elle s’est retrouvée à vivre en France, dans une cité des célèbres « cités » françaises…

« Une pépite », disait le 4e de couverture, et je suis d’accord. Je n’ose plus ouvrir le livre de peur de ne pas savoir m’arrêter dans ma lecture. C’est passionnant. Pas-sion-nant !…

Moi qui ai la chance de ne pas connaître la guerre de près, je découvre fascinée l’univers des camps de réfugiés à travers les souvenirs de cette ancienne enfant de 7 ans à l’époque.

Et moi qui ai la chance de ne pas connaître de près non plus l’enfer des « cités » françaises, je découvre fascinée cet autre univers.

Quoique « fascinée » n’est peut-être pas le terme exact, car il sous-entend quelque chose de positif. Or, rien de tout cela n’est positif. Ce sont des enfers sur Terre.

Mais c’est l’autobiographe elle-même qui les distingue avec cette précision qui me stupéfait : à un moment du livre, elle indique préférer (presque) l’enfer du camp à l’enfer des cités car, même si la Mort rôdait quotidiennement dans le camp de réfugiés (la faim, les maladies…), au moins ressentait-elle là-bas la solidarité et la chaleur…

Et ceci me fascine : comment, dans un pays libre, dans un pays riche, où l’on peut aller à l’école gratuitement, où l’on peut être soigné quasiment gratuitement, où des associations existent pour aider les plus démunis, comment peut-on auto-détruire un quartier dans lequel on habite ?…

Je ne suis pas une spécialiste du sujet, aussi je m’arrêterai là dans mon interrogation, mais imaginons un instant qu’au lieu de se battre entre eux, les communautés qu’elle décrit comme habitantes de cette cité s’entraident et s’épaulent ?

Imaginons qu’au lieu de casser (les abribus, les aires de jeux, etc), ces personnes se mettent ensemble pour embellir leur quartier, un peu à la façon du quartier coloré La Boca (anciennement misérable) de Buenos Aires, qui est devenu une manne touristique depuis ?

Comment évoluerait ces vies ?

Mieux, forcément. Bien mieux.

Cela me fascine ; j’ai l’impression de visualiser sur Terre la blague sur l’enfer et le paradis avec les « grandes cuillères »… Avec de la solidarité, les personnes se donnent à manger l’une l’autre… ou bien en absence de solidarité elles meurent de faim de ne pas avoir les bras assez longs pour se nourrir avec ces grandes cuillères…

L’enfer ou le paradis…

C’est à nous de choisir, à chaque instant de notre vie.

Selon notre état d’esprit et notre façon de nous comporter avec chaque personne que nous croisons…

Alors que choisissez-vous : l’enfer ou le paradis ? :-)

Amicalement,

Joy

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17 avril 2017

Ce que je voudrais lui dire…

Classé dans : Entre nous,Lectures conseillées — joy369 @ 12 h 10 min

Ahmed n’a pas 9 ans et il rentre seul de l’école. Je le surveille du coin de l’oeil. Une voiture s’approche et je le sens qui s’apprête à traverser la route. Je le retiens par son cartable et lui dis gentiment :

« Hey ! Ahmed, ne te fais pas écraser ! Ce serait dommage ! »

Que se passe-t-il dans sa vie pour qu’il me réponde : « Oh, ça arrangerait bien des gens si j’étais mort, ce serait peut-être la meilleure solution pour tout le monde… »

Nââââândé ??? comme disent nos amis Japonais.

Oh, shocking ! comme disent les Britanniques.

Quoi ???

J’ai à peine le temps de lui répondre que moi je serai très triste s’il était mort qu’il a déjà traversé la route et s’éloigne déjà.

Et me voici seule sur le trottoir, encore secouée par cet appel à l’aide d’un gamin qui n’a même pas 10 ans.

Je suis frustrée de ne pas avoir pu lui répondre plus longuement, frustrée de ne pas avoir eu l’occasion de lui expliquer combien sa vie est importante et nécessaire. Qu’importe si quelques personnes ne nous aiment pas, celles-là, il ne faut pas s’en préoccuper. Celles qui comptent, ce sont celles qui nous aiment, qui nous apprécient. Et même si elles ne nous le disent pas, pour elles notre vie est importante, terriblement importante. Notre présence sur Terre fait toute la différence.

Nous ne le saurons peut-être jamais, mais notre présence ici-bas aura peut-être des répercussions positives sur des milliers de personnes. Nul ne le sait. Qui sait si le bienfaiteur de 26 ans dont je parlais précédemment n’a pas, lui aussi, vécu des moments de doute existentielle ? C’est normal, c’est la vie.

Alors, à toi, petit Ahmed, j’ai envie de te crier combien ta présence est utile. Tu n’est qu’un enfant pour l’heure, mais qui te dit que tu ne me sauveras pas la vie dans quelques années ?

Nul ne le sait.

Peut-être sauveras-tu bien plus qu’une vie mais des milliers.

Cela s’est déjà vu (cf. « Les mains du miracle », livre exceptionnel à lire absolument)…

Dans ce monde, tout est possible, il suffit de le vouloir et d’agir en conséquences.

Alors cessons de nous torturer l’esprit, acceptons-nous comme nous le sommes, acceptons d’être imparfait et de ne pas être aimé par tous et avançons.

Il y a tellement de choses à faire ! :-)

Amicalement,

Joy

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