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10 février 2020

Français farfelu

Classé dans : Entre nous — joy369 @ 12 h 26 min

J’échange quelques mots avec une Russe.

Cela tombe bien : pour m’amuser j’ai justement appris quelques phrases de russe. Pas assez pour tenir une conversation, loin de là, mais juste assez pour avoir une idée vague de l’organisation de la grammaire russe. Et j’avoue qu’étudier le russe me fait bien rire car je trouve cela terriblement efficace. En russe, pas de mot perdu. Et, bien sûr ce sont des préjugés de ma part, mais ça colle assez bien avec l’image que je me fais de la Russie et de son peuple : pas de temps perdu, pas de mots qui ne veulent rien dire, un peu… brut de décoffrage si je peux me permettre.

Aussi, j’indique à mon interlocutrice que je trouve la langue russe très « efficace ».

Par exemple, pour poser cette question, un Français aura plusieurs possibilités :

« Le bus est ici ? »

« Le bus est-il ici ? »

« Est-ce que le bus est ici ? »

Là où un Russe dira simplement, en montant le ton pour indiquer que c’est une question (comme en français mais pas dans d’autres langues comme le chinois) : « Bus, ici ? »

Ce qui donnera phonétiquement un « Aftobouss sdiss ? » qui me fait hurler de rire.

Terriblement efficace.

Mon interlocutrice russe reste de marbre. Elle, cela ne l’a fait pas rire. Elle trouve cela normal, forcément. Par contre, à elle qui parle un français impeccable, quand je lui demande si, par opposition, si la langue française ne lui semble pas à l’inverse monstrueusement compliquée, c’est le cri du coeur : « Ah oui ! Le français est très difficile !… Je trouve le français… farfelu ».

Farfelu. Le mot est lâché. Il a un petit côté désuet et poétique qui me plaît. On ressent la fantaisie derrière. Comme un monsieur qui arborerait un chapeau à claques, un haut de forme noir… Je comprends bien « est-ce que », dans une phrase, c’est en effet de trop. C’est « farfelu ». Pas étonnant si les Russes nous considèrent peut-être comme un peuple fantasque… :-)

Autre exemple, cette fois avec une amie Algérienne. Nous prenons un thé dans un salon de thé arabe. Elle échange quelques mots en arabe avec le serveur puis leur conversation continue en français et je constate qu’ils se tutoient. Je lui demande si le vouvoiement existe en arabe. Elle m’apprend que non. Et tout à coup je comprends mieux pourquoi les Arabes, même ceux que je ne connais pas, me tutoient régulièrement (ou tutoient des clients, ce qui ne manque pas de me choquer)… A mes yeux de Française, tutoyer quelqu’un qu’on ne connaît pas, c’est faire preuve d’irrespect. C’est se montrer familier et  exprimer un grand manque de respect.

Un inconnu qui me tutoie, c’est d’emblée une façon pour moi de me monter « contre lui ». D’office, je vais me montrer distante avec lui, car je pars du principe qu’il me manque de respect.

Mais si dans sa langue, le vouvoiement n’existe pas, comment leur faire comprendre que c’est très important en français ?

A l’inverse, je suppose que, pour les arabophones, les francophones doivent paraître très froids… :-)

Bref, j’en conclus que les langues parlées par une nation ont un impact sur la culture de son peuple. Et il est intéressant de comprendre ces différences entre plusieurs langues pour mieux comprendre l’attitude d’un peuple… et donc pour mieux vivre ensemble. :-)

Amicalement,

Joy

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10 janvier 2020

Robot souriant, robot tueur

Classé dans : Entre nous — joy369 @ 12 h 40 min

Dans l’excellent dessin animé « Les nouveaux héros », le personnage principal est un petit garçon génie de la robotique qui, au début du film, fréquente les quartiers mal famés de sa ville (une magnifique ville futuriste entre Tokyo et San Francisco) pour participer à des combats de robots tueurs. Attention, je spoile (un peu) le film : le robot qu’il présente ressemble au début à une gracieuse poupée souriante… mais selon certains réglages peut devenir une terrible arme à tuer.

Robot souriant, robot tueur…

Et c’est cette image qui me vient en tête, moi qui essaie de sourire et d’être gentille au quotidien, quand d’un coup je sens une poussée de violence extrêmement forte en moi.

D’un coup, moi qui suis dans le schéma « Soyons gentils pour que cesse la violence » et autre cycle de la bienveillance (relisez ce blog, vous comprendrez mon état d’esprit général) (rires), je me devine « machine à tuer ».

Non, bon, soyons honnêtes. Pas vraiment « à tuer ». Je n’en suis pas encore là. Au contraire, j’ai encore assez de self-control pour me dire : « Bon, finalement tout va bien : je préfère qu’on se déchire plutôt que les uns et les autres soient morts ou grièvement malades ou blessés » (rires)

Mais malgré ces pensées sommes toutes positives, je sens, je sens physiquement en moi comme un champ de force négative. Tel que je n’ose pas m’approcher d’objets fragiles car j’imagine bien faire comme Elsa dans le dessin de la Reine des Neiges et tout détruire sur mon passage. La tension est telle que je la ressens. Je la ressens.

Car j’ai envie de hurler, d’incendier de phrases vraies mais blessantes comme du verre à tous ceux qui m’entourent et qui m’ont mise à terre comme des chiens de meute. Voilà. C’est exactement ce que je suis devenue : moi la femme civilisée, je me sens comme un animal blessé prêt à en découdre pour sa survie. Sauf qu’ici il n’y a pas de mise à mort. Je me sens juste rejetée, isolée et humiliée par un groupe qui fait bloc contre moi. Et la blessure est d’autant plus vive que dans ce groupe se retrouve la personne en qui j’avais le plus confiance.

Mais pas de mise à mort en vue. Ce sont donc des vieux réflexes qui me reviennent. Ce n’est pas la femme civilisée qui réagit mais la petite fille en moi. Ou une mémoire d’un lointain ancêtre de l’époque des cavernes, qui sait ?

N’empêche, cette tension que je ressens, cette haine farouche que je ressens soudain m’interpelle. Si moi, auteur d’un blog sur le bonheur, je réagis soudain ainsi, comment réagissent les autres, ceux qui ne s’entraînent pas au quotidien pour ressentir le bonheur ?

Et je songe à une amie, à l’enfance bien plus dure que la mienne, une amie habituée à se battre, habituée à être seule contre tous. Elle qui vient des quartiers « difficiles », je l’ai vue une fois se métamorphoser devant moi en furie des banlieues. Juste par jeu. Pour me montrer qu’elle savait se défendre. Et de fait, même si je savais qu’elle plaisantait, elle m’a fait peur.

Et cette femme géniale que j’adore, je me dis que des milliers, des millions d’autres lui ressemblent : adorables au quotidien mais qu’il ne faut pas trop chatouiller. Comme moi.

Des robots tueurs gentiment civilisés à force d’éducation et devenus souriants.

Mais derrière le sourire, il reste la programmation pour tuer.

Nous sommes tous pareils. Sans les excuser, je comprends les homicides et les personnes qui pètent les plombs et qui finissent dans les faits divers des journaux.

Même le plus adorable des petits vieux peut se révéler odieux si on le cherche trop.

C’est pourquoi il est si important d’être gentil et attentionné aux autres, à tous les autres, quand on a soi même la force de l’être.

Aujourd’hui je suis un robot tueur et j’ai besoin de la douceur des inconnus qui me croisent pour redevenir robot souriant.

D’habitude c’est l’inverse, c’est ainsi.

C’est la vie.

Amicalement,

Joy

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25 décembre 2019

Le zen en moi…

Classé dans : Entre nous — joy369 @ 12 h 25 min

Depuis que cet individu est entré dans ma vie, je m’interroge : qu’ai-je fait au Ciel pour qu’il m’envoie une telle plaie ?

Tout nous sépare. Il ne jure que par le statut social, l’apparence, le qu’en dira-t-on. Il répète à l’envie sa position sociale comme si elle lui donnait une certaine valeur. Il n’a aucun respect pour les autres et s’arroge tous les droits.

Il profite de son langage châtié et obséquieux pour sortir de grands discours qui lui assurent l’admiration de ceux qui ne regardent que les apparences.

Bref : l’antithèse de ce que j’aime.

Par chance, ce n’est pas un proche et je n’ai donc pas à l’endurer au quotidien.

Par chance également, son hypocrisie ne fonctionne pas avec tous et je ne suis pas la seule à ne pas apprécier le personnage. Cela rassure, on se sent un peu moins seule…

Mais je continue de m’interroger : pourquoi mon chemin croise-t-il le sien ?

Pourquoi ? Pour que je lutte contre mes mauvais côtés qui ressortent ? Pour que j’apprenne à réfréner mon envie de lui nuire juste parce qu’il m’agace ?

Mais zen. Il faut que je reste zen. Que je conserve mon statut d’humain civilisé pour ne pas lui rentrer dans les plumes.

Pas toujours simple.

Mais j’essaie. Respirer, garder un visage peut-être pas souriant mais au moins neutre. Et respirer. Respirer calmement…

Ne pas lui sauter à la gorge quand il me sort des inepties. Rester calme.

En ces fêtes de fin d’années, cela arrive fréquemment qu’on se retrouve obligé de côtoyer des gens… comment dire ? Qu’on ne fréquenterait pas de nous-mêmes…

Pas toujours facile…

Alors dans ces cas-là, prenons la peine de nous interroger : quelle leçon dois-je en tirer ? Et comment faire pour rester calme ?

Personnellement je vais aller devoir chercher le zen qui est en moi…

Cela ne va pas être simple. Mais tout va bien se passer…

Bonnes fêtes de fin d’années !

Amicalement,

Joy

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