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15 octobre 2018

La voisine au vélo

Classé dans : Entre nous — joy369 @ 12 h 01 min

Le hasard a mis entre mes mains via une boîte à lire un petit livre qui dénonce l’état lamentable des hôpitaux français. Non pas sur l’incompétence de leur personnel, mais bien au contraire sur leur dévouement, leur extrême compétence malgré un manque de besoin matériel et budgétaire terrible. Le livre évoque aussi les patients, et la misère de certains (ces petits vieux incapables de descendre leurs 6 étages sans ascenseur et donc de faire leurs courses, qui ne se nourrissent que de conserves et attrapent le scorbut, la maladie des marins d’antan qui ne mangeaient jamais de légumes frais) et l’abus des autres.

Le livre est super, la lecture édifiante. Mentalement je fais déjà la liste de tous ceux et celles autour de moi à qui je dois prêter ce livre, mais au fond de moi, c’est surtout à la voisine au vélo que je pense…

Et là, il faut remonter à la dernière « fête des voisins »…

La fête finissait, il ne restait plus que quelques irréductibles qui avaient du mal à se quitter, dont moi. Et une de mes voisines me parle soudain de notre voisine. « Tu sais, la petite jeune très polie, toujours avec son vélo ». Sur le coup, au début je ne vois pas. Elle ne se rappelle plus de son prénom, moi je ne visualise même pas son visage puis soudain le déclic se fait. Le prénom m’échappe encore aujourd’hui mais le visage apparaît dans ma mémoire : une jeune fille, 25 ans au maximum, très « vieille France », polie à l’extrême presque obséquieuse, toujours à conduire son vélo entre la route et le local vélo, qui me donnait des « Bonjour Madame » quand elle me croisait et des « Merci Madame » quand je lui tenais la porte pour qu’elle puisse passer avec son vélo.

Cette nuit-là, mon autre voisine, à la fête des voisins, m’annonce alors : « Tu sais qu’elle s’est suicidée ? Elle faisait des études de médecine, elle s’est suicidée à l’hôpital en janvier »…

Le sourire se fige sur mes lèvres. Je suis sous le choc.

La voisine au vélo s’est suicidée. Elle avait 24 ans. Toute la vie devant elle. Mais elle a décidé d’en finir. Elle a décidé d’arrêter cette vie qui devait lui être trop douloureuse.

Et j’essaie vainement de me souvenir de son prénom, de nos rares échanges. Je sais que nous nous sommes présentées brièvement, à force de nous croiser. Mais c’est vrai qu’elle était du genre transparente. Pas le genre de personnes dont on se rappelle. Et notre différence d’âge, de vie. Je la revois un jour, nous nous étions croisées, j’ai eu l’impression qu’elle voulait continuer notre échange, ajouter quelque chose, mais j’ai mis fin poliment à notre échange rapide : « Bonne journée, à bientôt ! » car je l’imaginais pressée de retrouver sa vie, ses amis de son âge, le tourbillon qu’est la vie à cet âge-là… Je pensais qu’elle discutait avec moi par politesse mais que cela l’ennuyait, que j’étais bien plus âgée qu’elle, bien loin des affaires qui intéressent les jeunes femmes de cet âge…

Maintenant, avec le recul, avec cette effroyable information (« ma voisine au vélo s’est suicidée »), je me dis que peut-être avait-elle au contraire besoin de discuter avec moi, avec quelqu’un qui soit gentil, qui soit normal, loin de l’enfer qu’elle devait vivre à l’hôpital toute la journée. Peut-être était-elle très seule, moi qui l’imaginais vivre une vie peuplée d’amis et de rires, comme c’est normal à cet âge-là.

La fête des voisins s’est terminée cette nuit-là sur ce choc. J’ai été bouleversée d’apprendre (des mois après) la raison de l’absence de la voisine au vélo. Je pensais qu’elle avait déménagé sans que je le sache, comme cela arrive dans les grandes villes où il y a trop de monde, trop d’activités, trop de tout pour qu’on soit au courant de tout ce qu’il se passe. Mais non, elle était décédée. Et décédée par choix. Suicidée.

Le fait que ce suicide ait eu lieu à l’hôpital donne une idée de ce qui lui a vraiment pesé : les conditions de travail des hôpitaux en France aujourd’hui, cette misère, cette violence ordinaires.

Mais reste qu’elle avait 24 ans et que je me sens triste pour elle.

Alors parfois je dirige mes « prières d’athée » pour elle, pour qu’elle soit heureuse, pour que sa famille survive à son départ.

Je prie pour elle, ma voisine au vélo…

Amicalement,

Joy

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