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25 août 2018

Benoît, enfant de race

Classé dans : Entre nous — joy369 @ 12 h 27 min

Je sors de la voiture pour rencontrer ces gens que je ne connais pas et qui m’ont invitée à partager leur repas. Dehors, un enfant joue, qui s’approche de moi et me tend la main : « Bonjour Madame, je suis Benoît ».

Je lui serre la main, amusée.

Benoît n’a pas 10 ans et je m’imagine qu’il joue. Qu’il joue à faire semblant, qu’il joue à être un adulte, un « monsieur » bien comme il faut, qui serre la main pour dire bonjour et se délecte d’une courtoisie exquise. Et de fait, Benoît nous accompagne au salon et se tient assis droit comme un « i » sur sa chaise, silencieux, attentif à nos conversations d’adultes auxquelles il ne participe pas.

Pour un peu, je le comparerais bien à un chien de salon, digne et posé. Mais non, ce n’est pas un chien de salon, ce n’est qu’un enfant et je découvre bientôt qu’il ne joue pas. Non, Benoît a été éduqué comme cela. Il ne parle que quand on l’interroge, évoque sa famille en parlant de « la lignée maternelle et la lignée paternelle », il a des discours d’adulte malgré son corps d’enfant.

Benoît me met mal à l’aise, car je ne le sens pas heureux, pas naturel.

Cette façon d’être étriquée et convenue, elle lui a été enseignée. Benoît est un « enfant de race ».

Mes interlocuteurs d’ailleurs ne tarissent pas d’éloges à son égard, devant lui et sans s’adresser à lui mais à moi. J’ai presque l’impression qu’on me fait l’article comme sur un marché aux esclaves. Pourtant Benoît n’est pas à vendre. Benoît est là pour servir de faire valoir, comme certaines femmes auprès de leur mari ou amant. Attitude qui, dans les deux cas, me révolte : ni les femmes ni les enfants ne sont des objets dont on peut se gausser de « posséder ».

Bref, le déjeuner a lieu, Benoît me met toujours autant mal à l’aise, coincé dans ce repas qui s’éternise, muet, si bien élevé qu’il n’ose pas réclamer un peu plus de fromage ou bien la permission de sortir de table. Les adultes me dérangent un peu aussi, à faire passer cet enfant après tout le monde, comme une quantité négligeable, comme s’il n’était pas là. Alors je redouble d’attention, de gentillesse, et je le couve un peu.

Et quand nous nous séparerons, une fois le café avalé, je ne lui laisserai pas le loisir de me tendre la main mais lui ferai un léger bisou sur la joue. Histoire d’offrir à cet enfant tendu un peu de… tendresse.

Amicalement,

Joy

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