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30 avril 2017

Manque de compassion

Classé dans : Les grands principes — joy369 @ 12 h 58 min

Mon amie Leïla est enceinte.

C’est le premier trimestre. Et, comme c’est souvent le cas pour les femmes enceintes à ce stade-là, elle a des nausées et vomit régulièrement. Elle se sent épuisée continuellement, a des insomnies, et donc elle n’arrive pas à dormir malgré sa fatigue…

Bref, elle n’en peut plus.

Je la vois après son rendez-vous chez le gynécologue. Elle me semble en effet très fatiguée, je ne suis pas habituée à la voir dans un tel état, un peu éteinte.

Alors je fais la conversation… Au bout d’un moment, après avoir réussi enfin à lui tirer quelques sourires, la voici qui crache enfin le morceau :

« Ce que je ne comprends pas, c’est que le toubib ne m’aide pas. Je suis épuisée, je vomis, j’ai des nausées toute la journée, et le docteur ne sait que me dire « C’est normal, vous êtes enceinte »… »

Je réponds par un sourire triste. Je la comprends, mais que peut répondre un docteur ? Je lui dis : « Et si tu étais médecin et qu’un gros fumeur venait te voir en se plaignant d’avoir une haleine de chacal, de tousser souvent, et de ne pas être capable de guérir rapidement du moindre rhume… Que lui dirais-tu ? »

Sa réponse fuse : « Je lui répondrais d’arrêter de fumer, parce que tous ses symptômes viennent de là… »

De nouveau un sourire triste : « Exactement. Toi c’est pareil. Mais le docteur ne va pas te dire d’interrompre ta grossesse… »

Et je continue : « Mais je te comprends, ce qui te gêne c’est le manque de compassion de ton docteur. De nombreux docteurs devraient limiter leurs ordonnances et se contenter d’exprimer de la compassion. C’est parfois tout ce dont on a besoin ».

Mon amie acquiesce. Un peu de compassion lui aurait fait du bien… En attendant, elle part faire la sieste et moi je reste là, à songer soudain à une autre anecdote qui me revient, une collègue charmante qui s’était absentée mystérieusement.

A son retour, je lui avais demandé gentiment où elle était passée pendant ces 2 ou 3 derniers jours et elle m’avait expliqué qu’un membre de sa famille était décédé.

Je lui avais aussitôt exprimé mes condoléances.

Et elle me raconta alors comment cela s’était passé au moment de son départ. Elle avait envoyé un mail à son chef (non présent physiquement) pour l’informer qu’en raison d’un décès dans sa famille elle devrait s’absenter 2 ou 3 jours.

« OK » lui avait répondu son supérieur.

Juste « ok »…

Rien de plus.

Pas un petit « Je suis désolé pour toi » ou un « Toutes mes condoléances »…

Rien.

Ma collègue en était restée bouche bée… et chagrinée.

Encore une fois, un peu de compassion n’aurait pas fait de mal…

J’ai parfois l’impression que la compassion, c’est une main tendue quand vous êtes à terre. Vous n’avez pas forcément besoin qu’on vous aide pour vous relever, mais si on vous aide ça va plus vite… :-)

Amicalement,

Joy

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