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10 août 2016

2 roses pour 1 cancer

Classé dans : Les grands principes — joy369 @ 12 h 39 min

Il y a des années de cela, j’ai reçu un email d’une amie Colombienne.

Cet email avait été écrit par sa fille et cette dernière m’annonçait le décès de mon amie suite à un long et douloureux cancer.

Je suis tombée des nues. J’ignorais même qu’elle avait un cancer.

Comme je l’ai écrit, c’était il y a longtemps et les moyens de communication n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Écrire un mail, c’était déjà faire partie de l’avant-garde. A l’époque, nous n’étions pas très nombreux à savoir utiliser les courriels…

C’était une époque où il n’était pas aisée d’avoir accès à Internet, aussi nous échangions peu de nouvelles.

Une lettre ou un email, de temps en temps.

J’ignorais donc sa maladie et je ne m’inquiétais pas de son silence radio, surtout que j’avais reçu un courrier de sa part un mois ou deux auparavant, et elle n’évoquait pas son combat ni son cancer.

A l’époque, l’annonce de son décès m’a beaucoup marquée. Et, tournant et retournant cette information dans ma tête, je me demandais ce que je pouvais faire.

J’ai évidemment répondu à sa fille qui m’avait informée, mais lisait-elle les mails de sa mère ?

En tous cas, elle ne m’a jamais répondu.

Alors, que pouvais-je faire ?

J’ai alors réalisé quelque chose de très simple : la mort de mon amie Colombienne serait vaine si je ne profitais pas de l’occasion pour rappeler à ceux que j’aime que je les aime.

C’est pourquoi, quelque temps plus tard, je suis allée voir mes parents.

Tôt le matin, contrairement à mes habitudes, je suis sortie seule pour aller au marché et j’ai choisi deux roses. Juste deux roses. A mon retour, j’ai appelé mes parents sur le pas de la porte et je leur ai offert à chacun une rose. Et je leur ai dit. Je leur ai parlé de mon amie (qu’ils ne connaissaient pas) et qui était morte, et de l’inutilité de la mort si on n’en profite pas pour dire à ceux qui restent qu’on les aime.

Et j’ai rappelé à mes parents combien je les aimais.

Oh ! Ne croyez pas que c’était facile… Je viens d’une famille où ce genre de choses ne se dit pas. J’avais terriblement peur qu’ils se moquent de moi, qu’ils me rient au nez.

Mais ils ne l’ont pas fait. Et d’ailleurs je m’en fichais. Mon rôle était de porter mon message d’amour filial. Libre à eux de le recevoir ou de le rejeter.

J’espère pour vous que personne de votre entourage ne flirte avec la mort, mais cela fait partie de la vie et vous vivrez probablement cette situation un jour. Le plus tard possible, j’espère…

J’ignore comment les autres réagissent dans ces situations mais pour moi l’essentiel est là : la mort est vaine si on n’en profite pas pour aimer un peu plus…

Amicalement,

Joy

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